l'arpent nourricier

permaculture et transition en aveyron et ailleurs

L’autonomie alimentaire revisitée

J’avais tra­duit il y a long­temps un ar­ticle de Toby He­men­way qui fai­sait es­sen­tiel­le­ment l’analyse que l’alimentation n’est peut-être pas le sys­tème qui sera le plus tou­ché par les crises éner­gé­tiques et cli­ma­tiques. J’en re­mets une couche en di­sant que la re­cherche de l’autonomie ali­men­taire au ni­veau in­di­vi­duel est peut-être une distraction.

Pen­dant plu­sieurs an­nées, je me suis ef­forcé de pro­duire à man­ger au jar­din. Ja­mais je n’ai réussi à faire une dif­fé­rence vi­sible dans nos achats de nour­ri­ture. J’ai ra­pi­de­ment com­pris que si je vou­lais réel­le­ment faire pous­ser à man­ger pour ma fa­mille, il fal­lait que je consi­dère le jar­din au même ni­veau de sé­rieux qu’un vrai job. Per­ma­cul­ture ou pas.

Par des­sus ça, il y avait des ma­raî­chers qui s’installaient en bio au­tour de nous. En vertu du prin­cipe de faire vivre l’économie lo­cale et une forme de pro­duc­tion agri­cole plus res­pec­tueuse des éco­sys­tèmes, il nous ap­pa­rais­sait évident qu’il ne ser­vait pas à grand-chose de faire nos to­mates ou nos courgettes.

Et même faire notre pain ou nos œufs, ça de­ve­nait contre-productif quand un bou­lan­ger bio ve­nait de s’installer sur la com­mune (et que son pain était bien meilleur que le mien) ; quand l’amap du coin pro­po­sait des œufs, etc.

Car le temps qu’on passe à faire pous­ser sa nour­ri­ture, on ne le passe pas à autre chose. Et quand c’est pas notre mé­tier, quand on n’est pas bien équipé ou quand on n’a pas vrai­ment le temps de s’en oc­cu­per comme il faut ; ou bien juste quand on n’est pas su­per au point sur les choix des va­rié­tés, les se­mis, et tout ce qui fait qu’on ne s’improvise pas ma­raî­cher ; et bien c’est du temps pas su­per ef­fi­cace et qu’on pour­rait pas­ser à autre chose : il pro­fi­te­rait da­van­tage à soi, et aussi aux autres, mine de rien.

Alors bien sûr, si on adore jar­di­ner, il ne faut pas se pri­ver de ce plai­sir sous pré­texte qu’on n’y est pas ef­fi­cace. Mais l’objectif cesse d’être un be­soin d’autonomie ali­men­taire — c’est juste un be­soin d’être au contact de la terre et des plantes. Mais s’il y a autre chose qu’on pré­fère faire et qui peut par­ti­ci­per au vaste tissu per­ma­cul­tu­rel (qui rappelons-le, va au-delà des éco­sys­tèmes na­tu­rels et s’étend aussi aux tis­sus de re­la­tions hu­maines, y com­pris éco­no­miques), alors il vaut mieux s’y consa­crer et lais­ser le jar­din à ceux qui en vivent, pourvu qu’ils le fassent à une échelle et avec des pra­tiques qui ré­parent plu­tôt qu’elles détruisent.

Et par exemple, le temps que je consa­crais au jar­din s’est en grande par­tie re­porté sur le blog d’abord (à l’époque), puis sur mon im­pli­ca­tion dans le cadre de Na­ture & Pro­grès.

Mon mouton mécanique

L’arpent a connu trois ton­deuses hé­li­coï­dales. Ré­sumé d’une his­toire qui fi­nit bien.

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D’abord c’était la mini ma­chine qu’on avait ache­tée pour le mini-jardin de Tou­louse. Au­tant vous dire qu’elle s’est vite avé­rée in­suf­fi­sante. Je ne me sou­viens plus com­ment elle a fini mais tou­jours est-il que je me suis tourné vers une plus grosse. Et je me suis fait avoir en ache­tant une gar­dena avec as­sis­tance élec­trique sur batterie.

Au dé­but, c’était chouette. La bat­te­rie du­rait pile la demi-heure qu’il me fal­lait pour faire mes 400m2 de pe­louse. Mais quand les rou­le­ments s’encrassent de fibres à cause de l’herbe qui s’entortille sur l’axe, puis quand la bat­te­rie, à force d’être cy­clée trop vite et trop fort, fi­nit par s’essouffler au bout de dix mi­nutes (quand c’est pas au bout d’une mi­nute seule­ment parce qu’on avait ou­blié de re­char­ger), on a en­vie de vi­rer l’assistance élec­trique pour ga­gner six ki­los et fi­nir à la main. Sauf que c’est pas pos­sible. On peut re­ti­rer la bat­te­rie mais pas dé­brayer le moteur :-(

Note : plus ou moins entre-temps, on a es­sayé la chèvre. Alors il faut sa­voir : une chèvre c’est gen­til et tout, mais ça tond les arbres et les haies ; pas les pe­louses (ou alors juste un cercle au bout de la corde).

Donc un jour j’en ai eu marre de la gar­dena mais au lieu de me pré­ci­pi­ter dans une jar­di­ne­rie pour ache­ter la pre­mière (et la seule) ton­deuse hé­li­coï­dale qui me tom­be­rait sous la main, je me suis lon­gue­ment ren­sei­gné sur in­ter­net, et j’ai trouvé ce que je vou­lais. C’est une ton­deuse hé­li­coï­dale (sans as­sis­tance élec­trique) faite par fis­kars. Il y a un en­traî­ne­ment par chaîne entre les roues et le tam­bour qui est bien plus agréable que les dé­mul­ti­pli­ca­tions par en­gre­nage des autres ton­deuses. Les rou­le­ments ne se font pas abî­mer, et même la chaîne est as­sez bien pro­té­gée : j’ai ou­vert le ca­pot au bout d’un an, et elle n’avait pas vrai­ment l’air de man­quer de lubrifiant.

Et elle coupe su­per bien.

Alors at­ten­tion, ça reste as­sez spor­tif sur une pe­louse un peu grasse comme la mienne, et je n’ai quasi ja­mais pu tondre au ré­glage le plus court, même en y re­pas­sant tous les trois jours, sauf à at­te­ler un en­fant de­vant pour ra­jou­ter un peu de force de trac­tion. L’autre dé­faut (mais je crois que c’est cor­rigé sur les mo­dèles plus ré­cents), c’est que comme elle a quatre roues (deux grosses roues qui en­traînent et deux rou­lettes de­vant en plus, pour faire la hau­teur de coupe) elle ne sait pas prendre des vi­rages ser­rés. Il faut lui le­ver le nez en abais­sant le manche, donc les demi-tours dans les brous­sailles au bout du ter­rain sont un peu pénibles.

Mais quel plai­sir de pou­voir tondre sans qua­si­ment faire de bruit ! Sans avoir à vé­ri­fier un ni­veau d’huile, de car­bu­rant… Sans avoir à re­ré­gler une bougie…

L’inexorable mort d’un SEL

En 2009, une poi­gnée de motivé-e-s dé­marra le sys­tème d’échange lo­cal sur le nau­cel­lois (qu’on ap­pela le Nau Sel). Trois ans plus tard, il n’en res­tait presque rien. Au­top­sie sub­jec­tive d’une ini­tia­tive qui s’épuisa — comme tant d’autres ini­tia­tives qui se nour­rissent d’énergie bénévole.

Le côté pessimiste

Le monde as­so­cia­tif à la fran­çaise souffre de deux grands maux : la réunnionnite/discussionnite et l’amateurisme. Il en ré­sulte une grande perte d’énergie bé­né­vole. Sur­tout dans le monde écolo/militant/altermondialiste, on a du mal à ima­gi­ner qu’on va juste mettre en place un ou­til bien rôdé et qui tour­nera sans réunions heb­do­ma­daires, sans per­ma­nences ni re­pas convi­viaux men­suels, sans as­sem­blées plé­nières an­nuelles et bar­bantes, sans fête de fin d’année.

Car le Sel, si on l’envisage dans son plus simple ob­jec­tif comme un em­bryon de mon­naie lo­cale, pour­rait se conten­ter d’être sim­ple­ment un ou­til. On laisse les ac­tions mi­li­tantes et convi­viales aux autres as­so­cia­tions (et le can­ton est plu­tôt bien pourvu en ce qui concerne les fêtes as­so­cia­tives et les ini­tia­tives socio-culturelles de toute sorte) et on se concentre sur l’outil. Mal­heu­reu­se­ment, on a voulu faire vivre l’asso comme toutes les autres, et on s’est beau­coup épuisé.

Car il faut voir que dans ces as­so­cia­tions, c’est en gé­né­ral un pe­tit noyau qui fait quasi tout le bou­lot. Dans l’équipe d’animation, on est passé de 8 à 5 , puis de 5 à 3, puis à 2 et là on a dit stop. Sur­tout qu’on avait mis dans les sta­tuts une clause comme quoi per­sonne ne pou­vait rem­pi­ler deux fois (pour pro­té­ger les bé­né­voles contre la re­con­duc­tion sys­té­ma­tique par manque de vo­lon­taires / pour pro­té­ger l’asso contre le noyau­tage par un bu­reau in­dé­bou­lon­nable). Donc ça a fini par s’effilocher irrémédiablement.

Le côté ama­teu­risme, je le re­marque sur­tout via la ré­sis­tance aux ou­tils nu­mé­riques. Il fal­lait faire des chaînes té­lé­pho­niques pour pas­ser les in­fos, en­voyer des cour­riers pour les AGs, ré­cla­mer les chèques d’adhésion, dis­tri­buer les ca­ta­logues d’offres et de­mandes en pdf (voire en pa­pier) parce que les trois quarts avaient perdu leurs iden­ti­fiants ou l’adresse du truc.

Vers la fin, on avait réussi à faire les réunions du CA par té­lé­phone. Mais idéa­le­ment, on au­rait ré­glé les ques­tions d’organisation par simple échange de mail et on n’aurait qua­si­ment plus eu be­soin de réunions. Il y a des as­so­cia­tions qui ont réussi à faire leurs AG par in­ter­net (idéa­le­ment, sans qu’il faille être phy­si­que­ment connec­tés au même mo­ment) et mettre des pro­po­si­tions en dé­li­bé­ra­tion et au vote juste par des ou­tils numériques.

C’est pas que je veuille pas que les gens in­ter­agissent dans la vraie vie. C’est juste que je veux évi­ter de leur en ra­jou­ter. Parce qu’il faut voir que c’est les mêmes qui se bougent les fesses pour l’école de mu­sique, le mar­ché de pro­duc­teurs, les spec­tacles vi­vants, les fêtes convi­viales, les ac­tions mi­li­tantes. On ne peut pas être au four et au mou­lin, et au bout d’un mo­ment, l’overdose de réunions et de re­pas ti­rés du sac guette même ceux qui n’ont pas de bou­lot à plein temps et de jeunes enfants.

Le côté optimiste

Le côté op­ti­miste, c’est que le rôle “créa­tion de lien so­cial” du SEL a très bien fonc­tionné. Et d’ailleurs, une grosse par­tie de la perte de vi­tesse du sys­tème du SEL, c’est quand les gens on fini par se connaître as­sez bien pour ne plus comp­ter les points à chaque fois qu’ils se fi­laient quelque chose ou se don­naient un coup de main. Ils ont en gros re­créé entre eux des groupes in­for­mels d’entraide comme ça a tou­jours existé entre paysans.

De même, les per­sonnes se re­trou­vaient spon­ta­né­ment à d’autres ma­ni­fes­ta­tions so­ciales ou cultu­relles (en par­ti­cu­lier le mar­ché, mais aussi toutes les ini­tia­tives du Centre So­cial et Cultu­rel du Nau­cel­lois qui fait un su­per bou­lot, et les ma­ni­fes­ta­tions fes­tives des autres as­so­cia­tions) ce qui fait qu’ils n’avaient plus tel­le­ment be­soin ni plus tel­le­ment de temps pour se re­trou­ver à des re­pas “du SEL” (les­quels étaient de plus en plus désertés).

Et donc à me­sure que ses adhé­rents tis­saient des liens di­rec­te­ment entre eux, l’association “SEL” per­dait de sa sub­stance. De ce point de vue, ce fut un suc­cès. Mais il n’y a pas eu de mé­ca­nisme pour per­mettre à de nou­veaux ar­ri­vants de s’insérer dans les groupes consti­tués. Pour ça, rien de tel que les autres oc­ca­sions de ren­contres, et en par­ti­cu­lier le marché.

Si c’était à refaire ?

L’époque n’était pas mûre, mais je crois que main­te­nant ça se­rait car­ré­ment pos­sible de faire une ap­pli smart­phone “SEL” à la place du car­net, du ca­ta­logue d’offres et de­mandes, du mail. Peut-être que ça existe déjà. Si­non, ça se­rait à dé­ve­lop­per et à mettre à dis­po­si­tion des SELs.

Un peu sur le mo­dèle d’une ap­pli de co­voi­tu­rage, on n’aurait qu’à sai­sir ses offres et ses de­mandes, puis à prendre contact et à créer un échange dans l’appli et connec­ter les deux comptes, et hop, le solde en grains de sel (nous ça s’appelait des poi­gnées de main) se­rait au­to­ma­ti­que­ment mis à jour et per­sonne n’aurait à te­nir des comptes ni à im­pri­mer des car­nets, etc.

Pour le côté ad­mi­nis­tra­tif, il faut ab­so­lu­ment s’adosser à une autre as­so­cia­tion. Créer une asso juste pour le sel, c’est un peu over­kill. Le Sel de­vien­drait juste un ou­til dont l’association se dote, éven­tuel­le­ment va­lable au-delà du pé­ri­mètre de l’association. Pas be­soin d’en faire tout un foin côté pa­pe­ras­se­rie, as­su­rance, compte en banque, sta­tuts, etc. Il faut juste un rè­gle­ment d’usage quelque part et une ins­tance dé­mo­cra­tique de sur­veillance et de médiation/résolution en cas de problèmes.

Alors cer­tains pour­ront trou­ver que je casse le côté idéal de l’initiative. Certes mais si l’alternative c’est de dé­cou­ra­ger les motivé-e-s, ça vaut mille fois mieux.

La machine à bois

lit d'enfant - made in l'arpent

Quand on a acheté la mai­son, il était vite évident qu’il y au­rait des tonnes de trucs à faire en me­nui­se­rie. Plu­tôt que de de­voir pas­ser mon éner­gie à cou­rir der­rière un ar­ti­san, j’ai dé­cidé de me faire plai­sir et d’acheter une bonne grosse com­bi­née à bois Lu­rem (for­mer S310).

Si on ar­rive à ne pas ces­ser d’avoir peur de la ma­chine afin de ne pas y lais­ser des doigts, je pense que c’est un in­ves­tis­se­ment hy­per va­lable pour un au­to­cons­truc­teur. Voici une liste de tout ce que j’ai pu faire avec cette machine :

  • les ap­puis de fenêtres
  • les cadres des velux
  • le meuble vasque de la deuxième salle de bains
  • la porte d’entrée, la porte de la chambre, la porte des toi­lettes sèches
  • le po­dium de la baignoire
  • les par­quets chêne et châtaignier
  • les lam­bris peu­plier chant-contre-chant
  • les os­sa­tures des dif­fé­rentes cloi­sons (tor­chis chaux-chanvre // terre-paille banchée)
  • un lit d’enfant
  • des meubles de cuisine
  • les toi­lettes sèches (la ver­sion mo­bile et la ver­sion fixe)
  • les éta­gères du dres­sing et celles du cellier
  • des ta­blettes un peu partout
  • et j’en oublie

baignoire

En re­vanche, les vrai­ment gros pro­jets, je les ai lais­sés à un pote menuisier :

  • les 5 portes en chêne pour la par­tie d’à côté
  • le grand lit
  • le ré­en­ca­dre­ment de la vieille porte de la salle de bains

Main­te­nant que j’arrête bien­tôt les tra­vaux, la ma­chine va trou­ver un nou­veau lo­gis, chez des amis où j’aurai en­core la pos­si­bi­lité d’aller tra­vailler. Je pense d’ailleurs que pour bien d’autres types d’outillages, les gros ou­tils de me­nui­se­rie n’ont pas vo­ca­tion à dor­mir chez les par­ti­cu­liers (ma ma­chine n’a tra­vaillé qu’un jour sur dix de­puis que je l’ai) mais à être par­ta­gés, afin d’avoir pour les pro­jets de taille moyenne une so­lu­tion in­ter­mé­diaire entre se faire chier avec du pe­tit ma­té­riel et y lais­ser un bras chez un ar­ti­san (qui a d’ailleurs autre chose à faire).

Rappel des épisodes précédents

Ladite maison

Les trois der­nières années

Voici quelques élé­ments pour com­prendre ce qui s’est passé ici et pour­quoi j’ai tant tardé à réécrire :

  • l’arpent nour­ri­cier, c’est certes un jar­din, mais c’est sur­tout une vieille mai­son de pays à re­ta­per. J’en ai peu parlé, j’en par­le­rai davantage
  • d’un pe­tit mi-temps avec deux jours de bou­lot par se­maine, je suis re­passé à 3 jours par se­maine. Les allers-retours vélo-train-vélo sur Tou­louse n’étant pas de tout re­pos, j’ai eu à la fois moins de temps et moins d’énergie
  • l’activité pro de mon épouse a pris de l’ampleur : moins de dis­po­ni­bi­lité pour avan­cer les tra­vaux de la mai­son en­semble, donc da­van­tage de tra­vaux à faire seul, donc moins de jardinage
  • il fal­lait faire vivre nos amis ma­raî­chers : le jar­din n’avait plus qu’un ob­jec­tif symbolique.
  • mon temps de mi­li­tan­tisme a beau­coup été pris par le tra­vail dans l’association Na­ture & Pro­grès Avey­ron, et la der­nière an­née je me suis même re­trouvé au CA
  • les échecs ré­pé­tés au jar­din (li­maces, li­se­ron, manque de ré­gu­la­rité dans le désher­bage et l’arrosage) n’ont pas aidé à main­te­nir la motivation
  • comme tout en­goue­ment, la per­ma­cul­ture n’échappe pas à la règle : l’enthousiasme ef­fréné des dé­buts se calme après un temps. Je pense que j’ai dû faire une pe­tite over­dose. Main­te­nant j’y re­viens avec plai­sir mais ça n’occupe plus une place cen­trale dans ma vie.
  • Nou­veau style d’écriture

    Pour ne plus dé­lais­ser le blog, je vais tâ­cher d’y écrire aussi sou­vent que pos­sible. Ça sera un peu plus dé­cousu, un peu plus spon­tané aussi. J’essaierai de re­faire de grands ar­ticles de fond de temps en temps quand même mais il y en aura sû­re­ment moins. Et si je n’ai pas de des­sin à chaque fois, tant pis, il n’y aura pas de dessin.

    La suite !

    Zinnia_elegans_with_Bombus_lowres

    Après quelques an­nées de hia­tus, je me dé­cide à re­dé­mar­rer l’arpent nourricier.

    Il s’est passé plein de choses (pas for­cé­ment au ni­veau du jar­din) et la si­tua­tion a com­plè­te­ment changé. Mais pas mon en­vie de conti­nuer à ti­rer le fil de la per­ma­cul­ture. Donc dans les jours, les se­maines et les mois qui viennent je fe­rai un ré­sumé d’où en est l’arpent (le blog et le jar­din), et où je vais.

    Parmi les choses que j’aimerais dé­ve­lop­per, il pourra y avoir (en vrac) :

    - le re­tour sur le ma­ni­feste de l’arpent : ce que je cor­ri­ge­rais, ce que je re­nie, ce que je garde pré­cieu­se­ment
    – la toi­ture vé­gé­ta­li­sée
    – le pro­blème du li­se­ron
    – la grave ques­tion de la com­pa­ti­bi­lité entre un jar­din per­ma­cul­tu­rel et une ac­ti­vité à plein temps avec jeunes en­fants en sus
    – l’autosuffisance ou bien le tissu éco­no­mique lo­cal ?
    – mes quelques ré­ti­cences au­tour de la ten­dance new age qui en­toure la per­ma­cul­ture
    – le re­tour à la ville et com­ment dé­cli­ner la per­ma­cul­ture en ap­par­te­ment
    – la vie de couple à l’épreuve des grands pro­jets de chan­ge­ment de vie
    – pro­jets de jar­din, de mai­son, d’écoquartier, d’association : les yeux plus gros que le ventre
    – re­tour sur le SEL
    – re­tour sur Na­ture & Pro­grès
    – re­tour sur l’initiative broyeur
    – ce qui a mar­ché, ce qui n’a pas mar­ché, ce qui au­rait pu mar­cher
    – ma ton­deuse
    – mes arbres frui­tiers
    – mon vélo élec­trique
    – mon poêle à bois
    – mes toi­lettes sèches
    – et plein d’autres choses encore

    Si­non, je pré­vois de dé­mé­na­ger pro­gres­si­ve­ment le blog vers word­press (à l’adresse http://arpentnourricier.wordpress.com) parce que celui-ci a bien failli mou­rir par manque de main­te­nance et d’assiduité : hé­ber­ger soi-même, c’est bien au dé­but mais c’est un gros risque pour la pé­ren­nité des conte­nus quand on n’est plus là pour payer les abon­ne­ments et faire les mises à jour.

    Merci pour les commentaires…

    Je suis pas­sa­ble­ment hon­teux de dé­lais­ser à ce point ce blog, alors que vous êtes nombreux(ses) à m’encourager et à contri­buer par vos re­marques sa­gaces et per­ti­nentes au tra­vers des com­men­taires.
    Je men­ti­rais si je di­sais que je n’avais pas le temps — j’ai sur­tout la tête ailleurs*. Peut-être que quand le prin­temps re­vien­dra et que je re­met­trai les pieds au jar­din, je re­trou­ve­rai un peu de mo­ti­va­tion.
    En tout cas, merci pour tous vos com­men­taires, n’hésitez pas à fouiller dans les ar­chives (moi-même j’y dé­couvre sou­vent des pé­pites ou­bliées). Et re­ve­nez de temps en temps : il se peut qu’il y ait du nou­veau un de ces jours.
    (* mais rassurez-vous, il n’est pas ques­tion de blues — au contraire, c’est plu­tôt des beaux projets)

    La tour à patates — verdict de la saison 1

    Honorable mais décevant

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    Avec un peu de main d’oeuvre bon mar­ché, j’ai dé­moulé la tour à pa­tates (d’un nou­veau genre, voir l’article de dé­part). Avec un crible au-dessus de la brouette, on a vite fait de fil­trer les pa­tates et de ré­cu­pé­rer le compost.

    Le ré­sul­tat était ho­no­rable mais un peu dé­ce­vant. Lire la suite »

    Il n’y a pas que la permaculture dans la vie…

    La fin de la pause sabbatique

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    J’ai fait une longue pause parce que j’avais un peu honte. Oc­cupé par d’autres pro­jets (en par­ti­cu­lier mes tra­vaux de ré­no­va­tion), je me suis à peine oc­cupé de mon jar­din cette sai­son, en me concen­trant sur deux ou trois choses que je sa­vais à peu près faire et en fai­sant la chasse au li­se­ron. Et pen­dant ce temps, je conti­nuais d’écrire un ou deux ar­ticles par se­maine comme si j’étais un grand spé­cia­liste avec un jar­din d’Eden pour étayer mes pro­pos. Il était urgent que je me taise pour lais­ser par­ler ceux qui font vraiment.

    Avec cette longue pause es­ti­vale, j’ai pu un peu re­pen­ser les ob­jec­tifs de ce blog.

    D’une part, mon ob­jec­tif d’aider à trans­mettre les idées per­ma­cul­tu­relles an­glo­phones dans le monde fran­co­phone est at­teint. Le train est en marche et la per­ma­cul­ture fran­co­phone prend to­ta­le­ment son en­vol et n’a (à la ri­gueur) plus be­soin de moi. Je suis as­sez fier d’avoir pu contri­buer (à mon échelle) à cet avè­ne­ment, dont je suis per­suadé qu’il sera du­rable tant les idées de la per­ma­cul­ture se­ront ca­pables d’imbiber les ré­flexes cultu­rels même quand la mode des tours à pa­tates et autres spi­rales d’herbes sera ou­bliée de­puis longtemps.

    D’autre part, la ré­écri­ture du ma­ni­feste s’impose car je ne vois plus du tout l’autonomie ali­men­taire comme un ob­jec­tif per­son­nel obligé : je pense main­te­nant que la dé­marche d’autonomisation est avant tout dans la tête, et le jar­din est un très bon moyen de che­mi­ner dans cette di­rec­tion, mais c’est loin d’être le seul. Main­te­nant qu’un ami ma­raî­cher fait pous­ser de beaux lé­gumes en bio sur la par­celle en-dessous de chez moi, la ques­tion de l’autonomie ali­men­taire de­vient presque ab­surde. En re­vanche, je vois tou­jours l’approche per­ma­cul­tu­relle comme une ten­dance sal­va­trice pour l’agriculture bio­lo­gique, la­quelle de­vrait al­ler sys­té­ma­ti­que­ment vers la pro­duc­tion de grande qua­lité à pe­tite échelle plu­tôt qu’imiter l’agriculture conventionnelle.

    Quant au contenu de mes écrits ici, je pense l’orienter es­sen­tiel­le­ment comme un compte-rendu de mes ex­pé­riences per­son­nelles au jar­din, et aussi un peu de mes ré­flexions, mais j’arrête de vou­loir trans­mettre des choses lues ailleurs (en an­glais en par­ti­cu­lier) parce qu’il y a main­te­nant tout plein de res­sources qui per­mettent aux fran­co­phones d’y avoir ac­cès. Comme je suis en­core pas mal pris dans mes tra­vaux de ré­no­va­tion, je pense que la fré­quence de pu­bli­ca­tion sera plu­tôt men­suelle qu’hebdomadaire… la suite en décidera.

    pro­chain ar­ticle : le dé­mou­lage de la tour à pa­tates (in­dice : ho­no­rable, mais rien de miraculeux).

    La tour à patates — réinterprétée

    Sans pneus et sans y revenir

    tour a patates

    La tour à pa­tates : un in­con­tour­nable de la per­ma­cul­ture que tout ap­prenti se sent un peu obligé de tes­ter, à l’instar de la spi­rale d’herbes aro­ma­tiques, du trac­teur à poules ou de la bais­sière, avec mal­heu­reu­se­ment des dé­cep­tions la plu­part du temps, d’après ce que j’ai pu gla­ner sur les dif­fé­rents blogs que j’ai lus à ce sujet.

    Pour ceux qui ne connaissent pas le prin­cipe, re­gar­dez donc ces deux vidéos :

    Es­sais et réflexions

    J’avais es­sayé une pre­mière fois avec des cadres en bois em­pi­lables, mais faute d’arrosage et d’assiduité pour re­faire le ni­veau à me­sure que les plants mon­taients, je n’avais pour ainsi dire rien eu. Et je n’avais pas ré­es­sayé de­puis. Lire la suite »